
« Non! Je ne sortirai pas! »
Criait-il en courant dans les couloirs de l’hôpital psychiatrique.
« Je suis en sécurité ici!
Tout le monde me connait.
Et je connais chacun.
J’écris mes petites histoires sans que rien ni personne ne me dérange.
Dehors me regarde comme si j’étais quelqu’un de bizarre!
Voire de dangereux!
On se moque de moi!
Surtout les enfants!
Et pire encore sont les grands!
Ils me regardent en silence.
Ont-ils peur, eux aussi, de tous ces mots?
Non, ce n’est pas vrai!
C’est faux!
Je ne suis pas guéri!
Jamais je ne serai guéri!
Je veux rester ici!
Il n’y a pas d »Allons Monsieur! »
Je n’irai pas dehors!
Lâchez moi! »
Me voila dans le parc…
Me voila dans l’ambulance…
Me voila dans la ville…
Me voila sur le trottoir…
Il me faut calmer ma peur!
Une dame au chapeau blanc passe en riant.
D’un grand coup de sa canne, je lui fracasse le crâne!
Trois petits enfants me bousculent.
Je les étrangle ces petits malappris!
Tandis qu’ils tirent une longue langue toute bleue!
Tant pis pour eux!
Un monsieur me regarde.
Son regard est très noir.
Trop tard pour un bonjour!
Déjà il est mort, lui aussi!
La marchande de glaces saigne, allongée sur ses sorbets.
Il me faut tous les tuer.
Avant que ce ne soit eux qui ne me tuent!
Pauvre victime que je suis!
J’ai si peur!
Je ne compte plus leurs cadavres qui s’empilent ça et là.
J’entends une sirène.
C’est l’ambulance qui revient me chercher!
Je suis mis en camisole de force.
Bien sûr que cela me rassure!
Enfin voila mon hôpital!
Enfin voila ma chambre!
Enfin voila mon psychiatre!
« Vous aviez pourtant bien raison, Docteur, il ne m’est rien arrivé!
La prochaine fois, je vous écouterai sans faire d’histoire!
Je vous le promets!
J’irai de bon gré faire un tour à la ville…
Tout bien réfléchi, le monde n’est pas aussi dangereux qu’il me le semblait être!
Oui, vraiment, Docteur, j’aurais dû vous croire, vous faire confiance.
Comment me serait-il encore possible de mettre en doute votre si grand savoir? »

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