
Voila longtemps déjà qu’Ambre venait boire l’eau de la source du désert.
Elle traversait les dunes brûlantes, s’arrêtant parfois dans une oasis, ombragée, où les palmiers gardaient un peu de fraicheur, mais son lieu favori demeurait là où jaillissait l’eau de la source.
Une eau fraîche et précieuse, même si elle était parfois un peu trouble, qu’elle buvait toujours avec grand plaisir.
Et quand la source était tarie, cela arrivait parfois, Ambre, assise à ses côtés, restait des jours à attendre qu’un mince petit filet d’espoir vienne à couler, pour s’en désaltérer.
Ambre n’arrivait pas à percer le mystère de la source.
Elle comptait les jours où l’eau était en abondance, ceux où elle manquait, prenait en compte la présence de la lune et des saisons qui charriaient les nuages, mais rien ne pouvait prétendre expliquer le mystère de son flux capricieux.
« Si seulement je devenais son amie »: se disait Ambre, « J’apprendrais à l’apprivoiser, je la ferai venir selon ma volonté, au bon gré de mes besoins. Alors jamais plus je ne subirais la soif. N’est-ce-pas ainsi une amie? Toujours là à mes côtés? »
Un matin, alors qu’elle attendait, espérant ce filet d’eau qui viendrait étancher sa soif, ce fut un rayon de soleil qui vint se poser sur sa tête.
« Ambre? » lui demanda le rayon du soleil, « Que fais-tu donc ici? »
« J’attends l’eau de la source »: répondit Ambre.
Et le rayon de rire: » Attendre! Quelle stupide idée! C’est quand on attend que nul ne vient!
Va, viens, danse, et souris à la vie, c’est ainsi qu’on fait venir la pluie!
Comprends-tu à présent comment l’eau de la source coulera pour ta joie? »
Et de ce jour, Ambre plus jamais ne chercha à attendre l’eau de la source.
Elle chantait jour après jour:
« Coule, si tu le veux, ou bien ne coule pas!
Je boirai, ou je ne boirai pas!
C’est le soleil qui m’en a éclairée! »
Et dans le désert, Ambre mourut de soif.
Quand on a besoin d’eau, on ne devrait jamais la demander au soleil!

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