Très cher Petit Prince,

Très cher Petit Prince,

J’avais oublié le blond de ta chevelure innocente, l’or de ta candeur, et peut être même jusqu’à ta lumière.

Tes questions sont sans appel.

Le monde est devenu trop ténébreux pour la clarté qui rayonne de l’amour…

Du blanc d’un mouton…

Même les roses sont tristes.

Le goudron recouvre nos poumons, nos actes et nos pensées, les oiseaux s’y enlisent pour tous y mourir.

Nous aussi.

Dis moi où tu es, que je te rende visite.

Je t’ai cherché dans le ciel, je t’ai cherché sur la terre, j’ai cherché ton étoile, ou même juste sa toile, mais plus rien de toi ne subsiste, on a assassiné la poésie, le rêve et l’espoir.

C’est pire que le désert.

C’est pire que de creuser la terre pour y enterrer un dernier souffle de vie.

La boue de nos soucis, nos pleurs et nos douleurs ont envahi les champs que caressait le vent.

A vouloir trop gagner, nous avons tout perdu!

En apprentis sorciers, le malheur est venu.

C’est la mort qui fauche…

Où es tu, Petit Prince?

Ton père s’est laissé engloutir, la mer t’a-t-elle recouvert, toi aussi?

Les flots autrefois bleus sont à présent houleux, c’est tout gris, c’est tout plein de tempêtes, même les poissons sont devenus fous, ils tirent la gueule et s’empoisonnent, et déraisonnent.

Écris-moi, Petit Prince, même si les nouvelles ne sont pas bonnes, même si au front ne sont en vie que nos souvenirs.

J’ai besoin parfois d’un renard ni violeur, ni voleur, ni menteur, même si aujourd’hui, apprivoiser se fait sous la contrainte, la tromperie, au son des fusils, des canons, des mensonges, on met des baillons aux paroles d’or et d’amour, la haine, la colère et le meurtre ont plus belle presse que la promesse d’un ami, d’un amour , ou même d’un mouton.

Ce sont les loups qui se cachent dans les caisses, qui sortent à grands coups de dents, pour dévorer les enfants innocents, rêveurs d’un monde meilleur.

Tu sais Petit Prince, je t’aime.

Je t’aime comme on aime un rayon de soleil, doux et tiède, venu réchauffer mon cœur tout glacé par l’effroi de ce froid qui s’installe tout partout.

Tu es ce petit morceau de lumière comme un phare dans ma nuit.

Même Dieu doit t’aimer.

Petit enfant perdu, Petit Prince sans berger!

           Bien à toi.

                    Réponds-moi, si tu le peux…

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