Les géants de poussières

Stature statuée des statues statufiées

Nous nous croyons immortels, géants, si forts, si arrogants.

Construits dans l’illusion d’être importants, hors du temps,

Mais au moindre vent, balayés, nous disparaissons,

Petits brins de poussières oubliés sous un paillasson.

Le plus grand de nous tous, le plus fort, le plus brillant,

Le plus beau des seigneurs, le plus riche, le plus puissant,

Finit dans un trou lui aussi, et s’il s’est cru à jamais vivant,

S’il s’est cru quelque chose, c’est juste parce qu’il se ment.

Chacun de nous veut réussir, sortir grand jeu pour gagner.

Mais gagner quoi au juste? La gloire, l’honneur, être adulé?

Qui comprend que les dés sont truqués? Après le triomphe,

On retombe toujours comme un soufflet, on se dégonfle.

Ainsi va l’homme, convaincu d’avoir vaincu, victorieux,

Alors qu’il a tout perdu, qu’il finit mort, qu’il finit vieux.

Quand son souffle s’arrête, qu’on érige une statue de lui,

Souvenir éternel, certes, mais pourtant, souvenir sans lui!

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