Mr Hugo Victor

 Je vous ai connu, Monsieur Hugo, comme tous, par Les Misérables, et puis,

Par ces vers, que l’on apprenait, en bancs d’école, par coeur, en choeur.

Demain dès l’aube…

Les perroquets des premiers rangs, récitaient, excellents.

D’autres hésitaient, bafouillaient, oubliaient.

Cancre que j’étais n’en avais aucun, de vos mots.

Seule, en fond de classe, sans classe, butée, sans vouloir aucun savoir.

Toujours vêtue de noir, décalée, recalée, la folle, c’est comme cela qu’on m’appelait.

Parce que déjà, ces poèmes, en leçons si bien apprises, me séparaient de tous.

Ces mots qui coulaient des langues déjà savantes, résonnaient en moi comme des boulets, trop lourds de sens.

M’entrainant au plus profond désarroi, me coulaient, me noyaient.

Je n’en retenais que la lourdeur macabre, la peine m’envahissait.

Une douleur telle, qui aurait tant amusé toute la classe, que je m’en taisais.

Enfants, vous étiez les images des sages, et plus grands, des sociables, toujours dans les rangs.

Vos rires étaient méchants, même quand innocents. 

J’étais avec Léopoldine,

Dans sa tombe, jetée dans les ténèbres, sans vie, enssevelie.

Et comme son père, ivre du chagrin du vin aigre de la mort, anéantie.

Je portais son deuil comme s’il avait été mien, parce que la mort est bien…

Bien notre seul lien commun, qui que vous soyez, humains!

Vous qui sembliez tant l’ignorer!

Mais aujourd’hui, je sais que demain, dans le paradis, je viendrai à votre résurrection, Monsieur Victor Hugo!

Sans plus de misérables, sans plus de douleurs, ni de plus de tant de misère!

Ensemble, nous referons le chemin, mais à l’envers, cette fois…

Un bouquet à la main, dans nos rires, à danser, tout emplis de joie,

Et Léopoldine, nous irons l’accueillir, sortie de la mort, pour revenir à la vie.

La plus belle vie qui soit, la vie promise par Dieu, sans plus de larmes ni de chagrin, sans plus de deuil ni de douleur.

La vie éternelle, cadeau du Très Haut!

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