
Notre équilibre est parfois bien capricieux.
Que ce soit sentimental, à trop aimer ou bien pas assez, mal, délaisser, parfois haîr.
Que ce soit physique, t’es gros, t’es maigre.
En régime, en ogre, comme si plus rien ne pouvait jamais parvenir à combler ton corps creux comme un radis manquant de vie.
T’es comme une pousse qui a percé le goudron noir du trottoir de cette ville qui t’a mise au monde, fleur fragile née dans l’enfer au lieu du jardin d’Eden.
On te piétine, on t’asphyxie, on te pisse dessus, mais tu survies, faute de mieux.
Chaque matin est un défi, chaque soir désespoir.
Que ce soit moral, tu préfères le rire comme arme fatale , et que ton voisin, ton collègue, ton ami, tes proches, ton conjoint parfois, un inconnu au croisée de ce que certains estiment être leurs bonnes causes, sortent le rasoir, une guillotine, un couteau de boucher, ou un fusil d’assaut.
Tu ris quand même, plaisanterie oblige.
Mais à chaque crime, ton rire se fait un petit plus grimace.
Dois tu t’en foutre?
Dois tu justice?
Tu ne sais plus.
Que ce soit psychique.
Tu te demandes si tu as tout compris.
Des autres bien sûr!
Mais aussi de toi même!
Tu vois bien ta folie.
Celle qui te fait accepter que ce monde fou est parfaitement normal.
Et quand tu vois l’argent volé au détriment de tous ceux qui n’en ont pas par ceux qui n’en ont jamais assez, tu te dis que la fleur née dans le goudron est aussi l’enfant famélique dont tous se foutent pas mal.
La folie, n’est ce pas refuser la réalité en se frayant un chemin dans un monde paralèlle?
Pas forcément meilleur, mais plus adapté à ce que tu peux supporter.
L’équilibre, après tout, c’est peut être juste fermer les yeux sur l’insoutenable, rester sourd aux cris de tous ceux qui souffrent et qui appellent, garder sa santé mentale en se préservant de l’horreur ambiante.
« Tu reprendras bien un peu de daube, mon chéri? Toi qui aimes tant ces si tendres et si câlins agneaux! »

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