Pas à pas

Ce n’est pas vraiment un chemin, ni descente, ni pentu,
Juste un pas vers l’eau delà.

Quand mer et terre n’ont de frontière que l’écume.

Comme on sait qu’un nuage nous enseigne le ciel.

Comme une flèche en plein coeur, bien qu’encore vivant!

Je vais vers la mer et regarde ses bleus.

Bleus du coeur, bleus des coups, meurtrie par la vie.

Le corps, les larmes et l’esprit!

Terre, mer et cieux!

Se suivent sans se mélanger, se touchent,

Réunis dans une seule couche,

Mais séparés, désunis, incapables d’être un,

Morcelés, divorcés de pas savoir s’aimer.

De n’avoir pas su…

Ou de n’avoir pas pu…

Entre ceux qui sont sous terre,

Et ceux qui meurent en mer,

Sont les ronces, chardons du ciel,

Et on s’écorche tout vif

A vouloir rendre au corps

Sa divinité perdue, volée!

Les enfants de Dieu brûlent en feu de paille!

Brûlent en enfer! Sur terre!

L’amour qui leur a été ôté

En a fait par la toute-cruauté

Des oiseaux ensanglantés aux ailes arrachées.

La mort les guette,

Pire est leurs yeux pleins de souffrance

Eux qui croyaient enfin devenir heureux!

Ils voulaient, rêvaient, liberté, s’élever au dessus d’eux,

C’est la mort qui les a gagnés.

La chair n’est jamais Dieu,

Le sang qui en coule est celui du péché, des condamnés.

Les oiseaux tombés ignorent qu’ils ont perdu leurs ailes,

Qu’ils sont déchus sur terre,

Que leur coeur ne bat presque plus,

Ils agonisent sans même savoir qu’ils ne seront plus.

Ainsi sommes nous, piègés, déshumanisés! Nous, faits à l’image de Dieu,

Devenus singes, bestiaux, animaux!

L’homme qui devait être parfait

Se vautre comme un cochon dans la boue poisseuse de la turpitude.

La transparence du ciel est devenu ténèbres.

On s’y cache pour agir en toute noirceur.

Pas vus pas pris, mais on oublit

Que du Ciel rien n’est caché à Celui qui nous jugera!

On se croit pourtant au dessus de tout cela,Vole l’oiseau, voleuse la pie,

Mais quand elle tombera, quand on la jugera,

Alors, pour sûr, sa mort sera!

Elle voudra vivre, mais qui lui redonnera des ailes?

Elle a voulu fermer les yeux,

Mais qui les lui ouvrira sinon sur sa faute?

L’oiseau qui meurt, meurt dans la main de Dieu.

Celui qui meurt sans même avoir recherché Dieu,

Pourquoi Dieu le sauverait-il?

Dieu est Amour, certes,

Mais pour ceux qui auront coeur de l’aimer en retour.

Les portes de la vie ne sont pas encore fermées

Dieu nous y attend

Patiemment

Jusqu’au scellement final.

Ceux qui vivront seront nombreux comme grains de sable

Mais mourront tous les méchants,

Ceux qui veulent demeurer méchants.

Ceux que plus rien ne parvient à redresser, à changer.

Ils suivent leur chemin, quoiqu’en coûte les lendemains. Certains qu’aujourd’hui est leur seul horizon. Et quand ils mourront, c’est trop tard qu’ils sauront……..qu’aimer mène à l’éternité.

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